les Verts «incarnent un désir d'avenir»
Par Pascal Dacheux le mardi, 25 août 2009, 14:48 - Politique - Lien permanent
Pascal Dacheux, 49 ans, brigue la tête de liste Europe écologie aux élections régionales en Picardie en mars prochain. Sur une liste autonome au premier tour. «Pour nous sentir libre et faire campagne sur un programme qui nous ressemble à 100%». Avec le bon score d'Europe écologie aux européennes et l'enlisement du PS, il confie, avec un regard malicieux, qu'il a le sentiment qu'aujourd'hui, ce sont les Verts qui «incarnent un désir d'avenir».
Petit-fils d'agriculteur, il est actuellement élu du conseil régional, chargé des délégations agriculture et environnement. Successivement pharmacien, journaliste et maintenant agriculteur bio (depuis 1998), l'écologie s'est progressivement imposée à lui.
PORTRAIT - Rencontre avec Pascal Dacheux, élu régional Verts en Picardie...
journées d'été des Verts avec notre envoyée spéciale, sur 20minutes.fr blog des universités d'été.Pour Pascal, aujourd'hui, les Verts «incarnent un désir d'avenir»
PORTRAIT - Rencontre avec Pascal Dacheux, élu régional Verts en Picardie...
Pascal Dacheux, 49 ans, brigue la tête de liste Europe écologie aux
élections régionales en Picardie en mars prochain. Sur une liste
autonome au premier tour. «Pour nous sentir libre et faire campagne sur
un programme qui nous ressemble à 100%». Avec le bon score d'Europe
écologie aux européennes et l'enlisement du PS, il confie, avec un
regard malicieux, qu'il a le sentiment qu'aujourd'hui, ce sont les
Verts qui «incarnent un désir d'avenir».
Petit-fils
d'agriculteur, il est actuellement élu du conseil régional, chargé des
délégations agriculture et environnement. Successivement pharmacien,
journaliste et maintenant agriculteur bio (depuis 1998), l'écologie
s'est progressivement imposée à lui.
«La capacité des hommes à vivre dans leur environnement me fascine»
Pascal a bourlingué au total deux ans en Afrique, par séjours
successifs. «Ce qui me fascine, c'est cette capacité qu'ont les hommes
à vivre dans leur environnement quel qu'il soit, et surtout, leur
capacité à l'organiser dans l'équilibre, dans une apparente durabilité.
C'est ce qu'on voit chez les pygmées, les touaregs, les eskimos...»
C'est
sans doute cette prise de conscience qui est à l'origine de
l'engagement politique de Pascal, aujourd'hui Vert, qui avait pourtant
voté Giscard en 1981. «Je suis issu d'un milieu familial de droite,
donc au départ, j'ai suivi mes parents.»
Mais les
«expériences» et les «rencontres» ont influencé ses idées. «Par mon
métier, j'ai une sensibilité à la nature. Je suis entré chez les Verts
par l'environnementalisme et pas par le chemin social, ou la défense
des sans-papiers. Dans mon métier, par exemple, je n'ai pas supporté la
distance avec la nature dans la pratique productiviste».
«Moi aussi, je voulais y participer»
C'est quand Dominique Voynet entre au gouvernement Jospin que Pascal
adhère chez les Verts. «Je suis pragmatique, donc l'entrée dans le
gouvernement, ça rendait l'action possible, et moi aussi, je voulais y
participer.»
D'abord simple «colleur d'affiche», il gravit les
échelons. Après une défaite aux législatives, il est finalement élu aux
régionales de 2004, en Picardie, sur une liste d'union avec le PS et le
PC.
«Je sais ce que c'est d'être bio»
Au
quotidien, il travaille avec les agriculteurs de la région, les
sensibilise à l'environnement... «Pour eux c'était gênant de travailler
avec moi au début: tant que ce sont des écolos de la ville qui n'y
connaissent rien, avec quelques termes techniques, ils les perdent.»
Pascal Dacheux, avec sa ferme, ses vaches et son blé, lui, sait de quoi
il parle. «Je sais ce que c'est que d'être bio, donc c'est dur de me
dire que ce n'est que de l'utopie...»
Même s'il sait qu'il
n'est «toujours pas supporté par bon nombre de personnes à la FNSEA»,
il est satisfait d'avoir un peu fait infléchir et réfléchir. Des choses
simples, qu'il a fallu réaffirmer: «une vache, ça peut manger de
l'herbe, remettre l'agronomie au cœur du système, à la place de la
chimie, etc.» Il a également aidé à la création d'AMAP, parce que «les
seuls légumes qu'on produisait ici, en Picardie, c'était pour des
boîtes, pour Bonduelle»...
Le bio, ça «donne une
satisfaction», note-t-il, «on a le sentiment d'être autonome, on ne
dépend pas de la chimie. Un peu comme les touaregs et les autres
tribus: je suis comme eux dans ma ferme, avec mon environnement,
j'arrive à organiser ma vie, durablement.»
Oriane Raffin